Nature Rights
Mot de passe oublié ?
contexte politique du babassu
 
Dans les années 90, les politiques brésiliennes de conservation de l’environnement prirent de nouvelles orientations associant  plus l’aspect social aux préoccupations écologiques. Un nouveau paradigme était alors proposé : le développement durable doit promouvoir non seulement la durabilité strictement environnementale – soit la durabilité des espèces, écosystèmes et processus écologiques – mais également la durabilité sociale -  ce qui signifie contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales et promouvoir des valeurs telles que la justice sociale et l’équité.
 
Dans cette optique là, plusieurs outils ont été conçus par les gouvernements successifs pour accompagner cette nouvelle politique brésilienne de conservation. On les appelle « Unités de conservation» .
 
Parmi eux la « réserve extractiviste »(RESEX) qui selon l’Institut Brésilien de l’Environnement l’IBAMA, est «une aire utilisée par les populations extractivistes, qui dépendent d’activités comme l’extractivisme, l’agriculture de subsistance, et l’élevage familial d’animaux ».
L’idée basique de ce type de réserves est, dans le même logique, de protéger les modes de vie et la culture de ces populations en assurant une gestion durable des ressources naturelles de la zone concernée. 
 
 
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Dans l’Amazonie on distingue deux grands types de produits forestiers. Les produits dits ligneux (bois et ses dérivés) et ceux dits non ligneux (tous les autres produits poussant naturellement : noix du brésil, fruit du palmier de babaçu, huile du pupunha, etc.). 
L’importance des produits forestiers non ligneux pour les habitants de la forêt est maintenant communément admise et certains prévoient même que leur production pourrait même à terme être plus rentable que la conversion des forêts en pâturages ou terres agricoles. 
 
Le Babaçu est le troisième palmier oléagineux le plus important au monde, natif des états brésiliens du Piaui, Maranhaõ, et Para et il permet d’assurer la subsistance de milliers de familles qui vivent de la récolte de son fruit, le coco de babaçu. Les « quebradeiras » sont des femmes indigènes du Nord du brésil qui vivent principalement des revenus générés par la collecte et la casse du fruit du babaçu. Elles vivent en harmonie avec les palmiers et ils sont si importants qu’elles leur attribuent même des noms. 
 
 
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Seulement voilà, les politiques économiques brésiliennes dans le début des années 60 ont engendré l’expansion des industries minières, du bois et de l’agriculture et, malheureusement chacune d’elles requiert de vastes étendues de terre, étendues qui ont été retirées aux régions produisant du babaçu. 
 
Durant la dernière décennie, les cultures intensives de canne à sucre et de soja, entre autres, ont encore aggravé le processus,menaçant ainsi l’équilibre fragile de ces familles. 
 
En réponse à ces menaces les « Quebradeiras de coco » de ces états  ont commencé à s’organiser en associations pour combattre les injustices qui leur sont faites, pour discuter des problèmes et des opportunités de développement de leur communauté. 
 
En 1991 fut créé le MIQCB ( mouvement interétatique de femmes Quebradeiras de coco de babaçu). En 1997 fut votée en grande partie grâce à lui la« loi du babaçu libre » garantissant le libre accès aux arbres à babaçus qu’ils soient où non sur les terrains des fazendeiros » les grands propriétaires terriens…
 
Ainsi l’état brésilien a, dans son plan pour la conservation, défini des réserves extractivistes (RESEX) pour le babaçu qui furent crées dans plusieurs états dans les années 90. 
 
Seulement, dû aux manques de moyens pour faire appliquer la loi, la réalité est bien différente et les propriétaires sont bien décidés à ne pas faire de zèle pour laisser le libre accès à leur terres ou se laisser exproprier. Les partisans du babaçu ont notamment un refrain qu’on entend souvent: « Lei so no papel » (loi que sur le papier)…