2014, pour que la Terre retrouve ses droits.

2014, l’année du retour de Gaïa, l’année où la Terre retrouve ses droits

La théorie de Gaïa, si controversée, arrive enfin sur le devant de la scène philosophique et politique.
Elle intègre les grands courants de pensées et les théories les plus avant-gardistes pour transformer peu à peu les esprits de demain.
Des penseurs, chercheurs, intellectuels, philosophes, se sont emparés du sujet avec courage et audace. Ils défient le silence consensuel autour de ce sujet tabou, presque hostile* : l’éveil des consciences est en effet susceptible d’ébranler les fondations de notre modernité.
Mais Gaïa arrive, envers et contre tout. Et ce, quelque soit sa forme.
Déesse des Peuples Premiers, Terre Mère toute-puissante de la Grèce archaïque, protagoniste de science-fiction, égérie du new age et des néopaganismes, déroutante hypothèse scientifique…, toutes convergent sur un point : notre Terre est un être vivant, une entité au sein de laquelle un équilibre fragile et auto-régulé, fruit de l’interaction de divers écosystèmes, y assure la pérennité de la Vie.

Et la place de homme là dedans?
Cette conception met les pieds dans le plat de l’anthropocentrisme.
Elle interroge cette conception nombriliste de la place de l’Homme dans la nature, cet égocentrisme maladif et délétère, qui en fait à ce point une entité distincte du reste de la Nature et des autres « non-humains* », qu’il lui est difficile à présent d’en ressentir l’existence réelle, indépendamment des besoins vitaux auxquels Elle, ils pourvoient…
Car pour pouvoir appréhender Gaïa, il faut devenir « un être global ». Il faut être lié au reste des éléments de la Terre et repenser notre rapport à la vie qui nous entoure, qui nous porte. Il faut redevenir respectueux des autres formes de vie « non-humaines ». Il nous faut repenser notre rapport à la nature, chercher un mode de coexistence plus harmonieux, qui tienne compte des relations d’interdépendance dont Gaïa est constitueé. “Alors, sus aux paradigmes d’hier, auxquels les modernes, les Occidentaux, s’accrochent désespérément ; sus à ces fictions progressistes qui dressent une frontière entre le scientifique et la politique, la nature et la culture. C’est toute l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes qui s’en trouve transformée.

Le moment est venu de gommer les frontières tracées par l’héritage de notre tradition monothéiste et qui justifie l’exploitation des ressources naturelles par la supériorité humaine. Il est temps de penser les limites de la Modernité dans cette perspective et de faire le deuil, tant du mythe de l’omnipotence du genre humain que d’un système économique et politique aujourd’hui largement dépassé par la pensée et l’action collective.

Car l’homme, aujourd’hui surpuissant, est aussi le plus fragile.
L’hypothèque irraisonnée que les Hommes font aujourd’hui sur demain en pillant et en dévastant les ressources naturelles mondiales, ont plongé le monde dans l’ère de l’Anthropocène.
Pour la première fois dans l’histoire de la Terre, et en l’espace de deux générations, l’anthrôpos – l’homme – est devenu la force géophysique qui modifie le plus la planète. Il nous faut désormais “repenser l’histoire humaine à une échelle géologique, à la fois vers le passé et vers le futur, puisque nos actions nous engagent pour les prochains dix mille, voire cent mille ans. C’est un éclatement des horizons qui donne le vertige. Littéralement, la Terre se dérobe sous nos pieds. Ce vertige, les géologues, les climatologues, les chimistes ne sont plus seuls à le vivre ».

« Une question de survie. Du côté des humanités, toute une armée de consciences venues de tous bords s’y confrontent à leur tour et élaborent les nouvelles formes de pensées pour nous réconcilier avec Gaïa, et dresser une ambitieuse extension de l’éthique, qui remplacera le paradigme industriel ayant marqué la modernité. »

Des philosophes de l’Anthropocène comme Bruno Latour, des détracteurs de l’évolution comme Pascal Picq, des défenseurs du droit des générations futures comme Polly Higgins et des pionniers de la reconnaissance de l’écocide, des poètes de la vie et de l’agro-écologie comme Pierre Rabhi, des révolutionnaires politiques comme José Bové, des combattants de la société civile avec toutes ces Ongs déchaînées et inépuisables, des guerriers de la conscience qui travaillent à la transformation individuelle et collective…

Et puis les plus anciens, les peuples premiers, eux, qui l’ont toujours su.
« Ces peuples qui n’avaient pas inventé le concept d’écologie – puisqu’il ne leur était pas venu à l’imagination de détruire les écrins de vie qui les nourrissaient. Ces peuples dont les tambours, au fil de ces deux derniers milliers d’années, qui rythmaient leur vie quotidienne, de la Sibérie au Congo, de la Chine au Pérou, et sur toute la planète, s’étaient tus. Ces peuples qui furent et sont encore annihilés inexorablement par un syndrome connu sous le nom de « détergent blanc ».

Et bien cette année est celle où les « tambours de Gaïa se réveillent« .

C’est l’année où la rationalité moderne s’inspirera des visions indigènes holistiques, se déferra de ses conceptions réductionnistes surannées pour adopter un nouveau regard, une nouvelle conception : celle d’un Homme pleinement intégré à la Nature.
L’année où tous les « Guerriers et les Guerrières de la Terre » seront récompensés par la victoire progressive de la Vie sur la Mort, où les forces au service de la protection de la Vie sauront s’unir, se renforcer, se compléter, et décupler leur action pour préserver le bien commun et défendre les valeurs fondamentales de l’Humanité et de l’Humanisme.

2014, une année pour témoigner la gratitude à tous ceux qui sont à l’écoute de notre Terre et portent son message avec passion et dévouement, qui se battent à la sueur de leur front sans relâche pour la liberté, la fertilité, la beauté, la justice et l’équité.
Tous sont le « Peuple de la Vie », les « Enfants de la Rébellion », en chemin vers plus de conscience et de liberté.
Merci.
C’est le moment de souhaiter que cet engagement continue et s’étende encore, pour qu’il incarne le changement, imagine le monde de demain, éveille les consciences, transmette la lumière. Que tous ceux qui partagent ce combat soient unis, liés par leurs valeurs communes, et que chacun, à son échelle, devienne le moteur de cette transformation


Quelques liens / références

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Gaia, la Terre mère, est-elle obligée d’aimer ses enfants ? par  Weronika Zarachowicz – Télérama n° 3303
Facing Gaia. A new enquiry into natural religion – Bruno Latour – Conférences Gifford à Edimbourg en Février 2013 – vidéos

*La déesse Gaia, un mythe grec
L’hostilité des scientifiques à la théorie Gaia tient en partie à son nom, qui renvoie à la mythologie. Car Gaia, c’est la « Terre mère» originelle, déesse « aux larges flancs » de la mythologie grecque archaïque, héroïne de la Théogonie d’Hésiode. Née après le Chaos, Gaia est l’ancêtre maternelle des races divines et des monstres (mère des Titans et des Cyclopes, grand-mère de Zeus, etc.) : une déesse souvent cruelle et redoutable…

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