Les peuples autochtones du Brésil se soulèvent face à la destruction de leurs territoires

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro au Brésil en janvier 2019, la destruction de la forêt amazonienne – la plus importante réserve de biodiversité de la planète – et les atteintes à la vie des communautés autochtones ne cessent de croîtreÀ la demande des peuples autochtones, un réseau international de juristes et d’acteurs associatifs s’est mobilisé. Le but est de dénoncer les abus et les crimes commis par le gouvernement contre les peuples des forêts et leurs territoires.

En effet, on observe une augmentation de 30% de la déforestation en Amazonie en 2019, et de 74 % de la déforestation en territoires autochtones – les plus hauts chiffres de cette dernière décennie. Également, le taux d’assassinats des leaders des peuples autochtones est au niveau le plus élevé sur ces 11 dernières années.

Les nouvelles mesures et politiques du gouvernement brésilien visent à supprimer un maximum d’obstacles au pillage de la forêt amazonienne. Elles portent également atteinte aux droits et à l’intégrité des peuples qui y vivent. Les agences fédérales garantes de la bonne gestion environnementale de l’Amazonie et des droits constitutionnels des peuples autochtones ont été démantelées. Une ambiance d’impunité a ainsi été institutionnalisé. Elle légitime la montée de la violence contre les communautés autochtones, la criminalisation des défenseurs de l’environnement et les actes de destruction délibérée et non-durable de la forêt.

La réalité des violations aux droits humains et des crimes environnementaux ne semble plus à prouver. Il y a de sérieuses raisons de croire que ces faits peuvent être constitutifs de génocide et de crimes contre l’humanité.

Face à un vide juridique international, des délégations de peuples autochtones, victimes directes de la politique de Bolsonaro, se sont succédés en Europe au 2ème semestre 2019 afin de solliciter l’aide de la communauté internationale. Une délégation du Xingu – avec la présence du Chef Raoni Metuktire – et de l’Articulation des Peuples Autochtones du Brésil (APIB) se sont réunis avec un groupe de juristes et d’ONG afin d’entamer une procédure auprès des institutions juridiques internationales. Une telle procédure a pour but d’enquêter puis de sanctionner Bolsonaro, ses ministres et les personnes privées responsables. Leurs actes contre les peuples autochtones et l’écosystème amazonien doivent être caractérisés de crimes contre l’humanité. C’est pour ces raisons que les différents partenaires ont rassemblé un grand nombre de documents faisant état des divers crimes commis par le gouvernement brésilien.

Cette action est faite avant tout pour le compte des peuples autochtones. Cependant, en réponse à l’intérêt général mondial, ce projet vise à instaurer des limites et des règles auprès de tous les gouvernements qui portent atteinte aux droits humains et environnementaux. Cela marquera une avancée significative pour la défense des droits de la nature et des peuples autochtones grâce à la reconnaissance de l’écocide comme un crime contre l’humanité.

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