Résistance des Peuples autochtones et écocide

Le 9 avril, NatureRights a participé aux rencontres « Résistances des peuples autochtones et écocide » organisées par le collectif Mémoire-Vérité-Justice Rhône-Alpes en partenariat avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère afin d’échanger sur “les luttes des Peuples Amérindiens et leur convergence avec celles pour la protection de la planète”.

Luttes des peuples autochtones, protection de l’environnement, droits de la terre :

Le respect de la terre, de l’eau et de la vie est un des piliers essentiels de la culture des peuples autochtones. C’est également aujourd’hui un enjeu majeur pour la communauté internationale.

Le système climatique et son équilibre sont menacés par la dégradation de la forêt amazonienne et de la biodiversité, mais c’est aussi la survie des peuples autochtones face à l’atteinte à leurs droits fondamentaux qui est en jeu : les deux causes se rejoignent, l’enjeu est planétaire.

Les peuples autochtones agissent dans les instances nationales et internationales pour dénoncer les violations de leurs droits, valoriser leurs cultures et porter leurs solutions face au grand défi de la protection de la planète. Depuis plusieurs années, des juristes et des mouvements citoyens proposent d’instituer dans les juridictions internationales le « crime d’écocide ».

   

Réunis dans l’impressionnante salle d’audience du Palais du parlement à Grenoble, les intervenants se sont prêtés à une représentation artistique et politique, un plaidoyer pour appeler à revoir notre vision du monde et notre relation aux autres cultures et à la Nature.

Le mouvement des Droits de la Nature propose une nouvelle approche philosophique et juridique fondé sur le principe d’interdépendance et la reconnaissance du droit aux écosystèmes d’exister, de se maintenir, et de persévérer. En ce sens, les Droits de la Nature renversent le paradigme anthropocentré occidental et sa conception rationaliste et utilitariste de la Nature. Il propose de faire émerger de nouvelles normes internationales fondées sur la reconnaissance des Droits de la Nature comme moyen de garantir le maintien des cycles écologiques vitaux de la planète, les devoirs de l’Homme à cet égard, et la possibilité de revendiquer ces droits en justice.

MARINE CALMET, juriste de l’association Nature Rights, mobilisation contre le projet Montagne d’or, droits de la nature, crime d’écocide et respect des droits des peuples autochtones en Guyane.

JAIDER ESBELL du Peuple Makuxi (Brésil). Artiste visuel et art-activiste. Depuis 2009, il travaille dans le domaine de l’art et de la culture amérindienne. En 2016, il remporte le prix PIPA Online d’art contemporain.. Depuis, il maintient son atelier ouvert à plusieurs artistes amérindien-ne-s.

FERNANDA KAINGANG du Peuple Kaingáng (Brésil). Avocate militante au sein du mouvement autochtone depuis 2000. Spécialiste en droits des peuples amérindiens et protection du patrimoine culturel, matériel et immatériel. Conseillère juridique d’organisations amérindiennes et consultante pour des organismes de coopération internationale.

DAIARA TUKANO du peuple Tukano (Brésil). Artiste, activiste et communicatrice, coordinatrice de la Radio Yandê. Titulaire d’un master en Droits humains, chercheuse en droit à la mémoire et à la vérité des peuples amérindiens. Une des premières femmes à avoir été initiée à la spiritualité traditionnelle du peuple Tukano, étudiant les médecines sacrées.

MARION VEBER Responsable des Programmes de la Fondation Danielle Mitterrand, défense et promotion des droits des peuples autochtones, lutte contre la biopiraterie, défense des Droits humains et biens communs du vivant face à l’extractivisme.

Animation : GUILLAUME DURIN (Suisse). Coordination Climat Justice Sociale, collectif BreakFree.

Cette table ronde s’inscrit dans une tournée européenne Perspectives autochtones brésiliennes (mars – avril 2019).

Dans le cadre du partenariat entre le Collectif Mémoire-Vérité-Justice Rhône-Alpes, la Coordination Justice Climatique et Sociale (Suisse), le Mouvement pour la Démocratie au Brésil (Portugal) et Terre Indigène (France), Daiara Tukano, Jaider Esbell et Fernanda Kaingáng participent à une tournée dans douze villes de six pays européens.

A la rencontre des nouvelles générations
Le 10 avril, nous rencontrions des classes de lycéens le matin et des étudiants de l’université de Sciences politiques l’après-midi pour échanger sur la question de la reconnaissance des droits des Peuples Autochtones et des droits de la Nature.

 

Rencontre avec les institutions grenobloises
Ce déplacement a également été l’occasion d’échanger avec M. le Maire de Grenoble, Eric Piolle, sur la situation des Peuples Autochtones du Brésil.
Il a été question de l’importance des savoirs traditionnels autochtones, source de richesse et d’inspiration pour proposer un nouveau modèle de vie en commun, de gestion de l’espace public et de rapports entre les citoyen.nes.
La délégation a également pu rencontrer des représentants des milieux artistiques afin de préparer de futures collaborations visant à mettre en lumière la résistance des peuples autochtones et la place de l’artiste amérindien dans une culture vivante et actuelle.

La suite…
Depuis l’élection du président ouvertement anti-autochtone Jair Bolsonaro, les peuples autochtones du Brésil se mobilisent pour faire connaître la situation difficile en Amazonie et obtenir un soutien international. Afin de soutenir ce message, NatureRights met en lumière l’artiste Daiara Tukano et organise une exposition-vente des oeuvres de à la Base Paris. Grâce à son art, Daiara exprime la résistance des peuples autochtones et de leurs cultures. Ces pièces invitent à se plonger dans les symboles ancestraux, héritage de son peuple et de ses liens avec la Nature.

Pour faire suite au colloque NatureRights a souhaité organiser une exposition des œuvres de l’artiste Daiara Tukano à la Base Paris. 

Retrouvez les informations sur l’exposition.

Laisser un commentaire

Facebook
Twitter
Instagram
SOCIALICON