Projet Terra Preta au village Espérance : Enrichir la Terre et le liens entre les communautés

Le village Espérance, situé dans la commune de Saint-Georges de l’Oyapock, souffre d’un appauvrissement de ses terres agricoles. Face à l’épuisement des sols, les villageois doivent désormais aller de plus en plus loin pour trouver des terres fertiles, et se confrontent alors à un autre problème d’accès au foncier. Ceux qui ne trouvent pas de solution sont ainsi en passe d’abandonner la pratique ancestrales des abattis.

Au début de l’année 2017, des échanges entre les membres de Nature Rights présents sur Saint Georges et Mr.Roger Labonté, Chef coutumier du village d’Espérance, ont fait ressortir la problématique de l’épuisement des terres agricoles. Lors de ces échanges, Mr.Labonté a notamment fait part aux membres de Nature Rights , de sa volonté de mettre en place un système de refertilisation des sols, grâce aux techniques d’apport en matière organique, tel que la Terra Preta.

En Guyane, un réseau d’acteur se tisse autour des pratiques de la Terra Preta, notamment autour de l’étude menée par Mr.Franck Nenesse dans le village Amérindien de Bellevue dans la commune d’Iracoubo. Franck Nenesse est également membre de l’association des agriculteurs de Bellevue qui porte un projet d’agroforesterie à l’échelle du village dans une logique d’autonomie alimentaire de la communauté, et avec le soutien de nombreux acteurs tels que la DAAF (Direction de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Forêt), l’INRA, Le Graine Guyane et Forest Initiative.

De l’autre côté de l’Oyapock, au Brésil, de nombreuses expériences sont riches d’enseignements et constituent une source d’inspiration pour ces techniques émergentes en Guyane. Parmi elles, la CooperaFloresta, une coopérative d’agriculteurs engagés dans les pratiques d’agroforesterie, diffuse ce modèle par le biais d’ateliers de formation auprès des communautés de la Vale do Ribeira, dans la région de São Paulo.

Autant d’initiatives qui permettent d’apporter une réponse concrète aux problématiques auxquels sont confrontés les agriculteurs du village d’Espérance. L’accompagnement de Nature Rights dans ce projet de refertilisation des terres agricoles du village Espérance s’appui donc sur la mise en lien avec les initiatives déjà existantes. Le projet se découpe ainsi en deux phases. Dans un premier temps, une délégation d’agriculteurs d’Espérance participera à la journée de formation aux pratiques d’agroforesterie organisée par la DAAF et l’INRA le 19 juin à Bellevue, et où seront également présent des techniciens/formateurs brésilien de l’EMBRAPA (équivalent de l’INRA au Brésil), et Mr.Adilson Gonçalves de la CooperaFloresta. Dans un second temps, la formation sera suivi d’une mise en application concrète sur les abattis d’Espérance les 23 et 24 juin. Afin de pérenniser le lien entre les différents acteurs, Mr.Nenesse et Mr.Gonçalves seront également présent sur Saint Georges pour animer les ateliers.

Face à diverses problématiques, le sentiment d’isolement est souvent très fort chez les communautés amérindiennes de Guyane. Outre la dimension agricole, ce projet répond donc également à une problématique sociale en favorisant les échanges avec des initiatives brésiliennes porteuses d’alternatives, mais également, au sein même de la Guyane, entre les différentes communautés.

 

Massiri Gueye

 

 

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