Les peuples autochtones français non reconnus

La France possède des territoires ultra-marins, c’est-à-dire situé hors de métropole. Sur trois de ces territoires vivent des peuples autochtones. Ils font face à une négation complète de leurs droits collectifs et réclament depuis longtemps maintenant que le gouvernement français reconnaisse non seulement leur spécificité, mais avant tout leur existence.

La notion de peuple autochtone 

Le terme autochtone, issu du grec, signifie “issu du sol même”. Aucune définition internationale de ce texte n’a été acceptée. Toutefois, l’ONU a retenu 4 critères pour définir le principe d’autochtonie : la continuité historique entre les autochtones et les premiers habitants d’une région avant sa colonisation ; la différence culturelle avec la société dominante du pays dans lequel ils habitent ; le vie en marge de la société ; et enfin l’auto-identification, c’est-à-dire la conscience d’un individu d’appartenir à un peuple autochtone et son acceptation en tant que membre par ce peuple lui-même.

Trois territoires français abritent des peuples autochtones :

  • La Polynésie français, dans le Pacifique sud, avec les Ma’ohi
  • Les Kanak en Nouvelle-Calédonie, dans le Pacifique sud également
  • Enfin, six peuples autochtones en Guyane française (Amérique du sud) : les Wayana, les Wayampi, les Lokono, les Teko, les Pahikweneh et les Ka’lina

Les statistiques ethniques sont interdites en France : il est donc compliqué d’avoir une idée précise du nombre exact d’autochtones français. En Guyane par exemple, on les estime entre 6000 et 9000 locuteurs. Les Kanak, eux, représenterait 39% de la population de l’archipel.

Il n’existe pas de définition internationalement acceptée du terme “peuple autochtone”. Chaque organisation a la sienne, avec toutefois des critères récurrents : l’antériorité sur le territoire, la continuité d’un mode de vie différent de celui de la société “dominante”, et une expérience d’assimilation, ou de tentative d’assimilation.

Le gouvernement français face à ses peuples

Les huit peuples autochtones mentionnés précédemment regroupent ces caractéristiques car, malgré l’assimilation forcée au modèle français dont ils ont et sont toujours victimes, ils ont réussi à conserver leur mode de vie traditionnel.

Ciel de case – Maluana

Le gouvernement français avance à reculons sur la question de l’autochtonie, bloqué en grande partie par l’article 1 de la Constitution. En prônant l’indivisibilité de la République, l’égalité des citoyens et l’unicité du peuple français, cet article donne au concept juridique de “peuple français” une valeur constitutionnelle et empêche la reconnaissance de peuples distincts au sein du peuple français.

Ainsi, la France ne peut prendre aucun engagement international qui la pousserait à accorder des droits collectifs à un “groupe défini par une communauté d’origine, de culture, de langue, de croyance”, sous peine d’inconstitutionnalité, comme le révèle une note du Ministère des affaires étrangères et du développement international, datée du 14 septembre 2016. Cette note explique clairement que la notion de minorité ne peut être employée que “dans le seul but de préciser que les personnes appartenant à ces minorités bénéficient des mêmes droits que le reste de la population”.

Sans l’aide de droits collectifs qui leur permettraient de sauvegarder leur mode de vie, langue, culture et terres, les peuples autochtones sont parmi les plus marginalisés des citoyens français. La France n’a pas ratifié la Convention 169 de l’OIT, et bloque également beaucoup de négociations internationales sur les sujets autochtones.

Les citoyens français sont très mal informés sur cette réalité, beaucoup ne sachant même pas que les peuples autochtones existent. Pourtant, dans leurs territoires éloignés de la métropole, ces peuples luttent pour récupérer leurs territoires, leurs ressources naturelles, leur gouvernance. En 2018 se tiendra un référendum en Nouvelle-Calédonie sur l’indépendance de ce territoire,et, en Guyane française, un Conseil coutumier, avec des représentants autochtones et bushinengés, a été mis en place.

Marie De França

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