Le réseau des centres de savoirs amazoniens et des cultures ancestrales

La Guyane française est un département d’outre-mer en Amérique du Sud peu connu et peu valorisé, pourtant très riche culturellement et naturellement. Ses peuples autochtones font face à une véritable crise de sens, déchirés entre leurs traditions ancestrales et l’évolution d’une société qui tente de les assimiler malgré leurs différences et réticences. Leur culture, leurs structures traditionnelles, leurs liens à la terre sont extrêmement menacés.

 

En partenariat avec les peuples guyanais, Nature Rights a initié la création d’un réseau des centres de savoirs amazoniens et des cultures ancestrales (ESF), afin de promouvoir des alternatives de développement valorisant les ressources de la région, de participer à l’autonomie alimentaire et économique des communautés et d’accroître leur capacité de résilience. Cette initiative est directement inspirée de Yorenka Atame, l’école des savoirs de la forêt développé par la communauté Ashaninka au Brésil. Ce centre recense, produit et diffuse des pratiques durables de gestion des ressources naturelles, fondées sur les savoirs traditionnels autochtones. Une visite des porteurs de projets autochtones guyanais à Yorenka Atame est en cours d’organisation en juillet 2018, pour leur permettre de mieux s’approprier le projet et de l’adapter aux circonstances locales.

 

Déjà en Guyane française existent de nombreuses initiatives visant à promouvoir la biodiversité et les savoirs traditionnels guyanais, mais elles ne reçoivent que peu d’aide financière ou d’accompagnement dans la gestion. L’ESF entend créer des outils et des méthodes pour les soutenir et ainsi promouvoir un développement respectueux de la nature et de l’homme.

 

Le projet de Nature Rights comporte deux volets : un physique et un numérique.
L’application territoriale est prévue à Saint Georges de l’Oyapock, zone carrefour où convergent toutes les communautés du fleuve, et frontière avec le Brésil, offrant de nombreuses perspectives de collaboration. D’autres projets sont actuellement en cours d’étude : à Trois Sauts, en terre Wayana et à Saint-Laurent du Maroni. L’ESF y sera adossée au Lieu de Vie et d’Accueil (LVA) agréé de l’association Mazy, qui accueille les collégiens du Haut Oyapock et les décrocheurs scolaires. Il répond à un besoin pressant en terme d’amélioration des conditions de vie de la jeunesse. En effet, dans les territoires isolés, il n’y a souvent pas d’école. Les enfants doivent faire plusieurs jours de pirogue, et n’ont d’autre solution pour dormir que le home indien. Ils sont arrachés, parfois aussi jeunes que 10 ans, à leur famille, leur culture, leur langue maternelle. L’équipe Mazy va les encadrer par le biais de sport, d’éducation et d’une formation professionnelle. L’ESF s’insère dans ce projet par des activités de pratiques écologiques et des ateliers de transmission des savoirs destinés aux jeunes ainsi qu’au public extérieur.

L’initiative ESF a aussi une interface qui va permettre la collecte de ressources relatives aux projets autochtones, ainsi que de valoriser et diffuser les expériences locales et les savoirs-faires traditionnels. Des outils de communication et de promotion vont être déployés en métropole pour améliorer la visibilité des cultures et savoirs autochtones et à favoriser les échanges.

 

L’ESF veut ainsi mettre en place des pratiques agroécologiques qui tendent vers l’autonomie alimentaire et économique des communautés, ainsi que renforcer leur résilience. Ce réseau va permettre de soutenir la transmission des savoirs, savoirs-faires traditionnels et l’entreprenariat local, pour valoriser l’identité culturelle des populations autochtones ainsi que la biodiversité guyanaise. L’objectif est d’essaimer le concept sur tout le territoire guyanais en soutenant les communautés dans le développement de petits centres dans les villages. Le réseau sera aussi utilisé pour valoriser et développer les productions locales par le biais de ventes en ligne en dehors du territoire guyanais et de coopérations.

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