Benki et la Jeunesse Autochtone de Guyane

Rencontre entre Benki Piyako, leader politique et spirituel Ashaninka, avec Christophe et Ludovic Pierre, leaders de la Jeunesse  Autochtone de Guyane, 

Suite à l’étude de faisabilité de l’Ecole des savoirs de la forêt menée par NatureRights en Guyane française,  une rencontre a été organisée entre Benki Piyako Ashaninka et des membres du mouvement de la Jeunesse Autochtone de Guyane. Ce fut l’occasion de d’échanger sur les expériences de ces peuples, de leurs contexte politique et de repenser la forme du projet en Guyane.

Benki a partagé son expérience avec ces jeunes et inversement. Au fil du récit des points clefs sont apparus à la reconstruction identitaire des peuples de Guyane :

La revendication concernant la rétrocession de 400.000 hectares de terres.
Cette revendication, issue du collectif des autochtones de Guyane  lors des mobilisations de maris-avril en Guyane a été consentie par l’Etat. Cette rétrocession de terres aux communautés s’avère être un enjeu essentiel, indispensable pour permettre aux communautés de maintenir leur modes de vie traditionnels, et consolider – voire restaurer leur identité culturelle en préservant les sites sacrées, en effectuant un diagnostic des usages culturels etc.
Lors de notre étude de faisabilité nous avions constaté à quel point la situation territoriale – et donc de reconnaissance de droits différenciés autochtones- avait impacté les populations et nourrissait les différences entre les peuples autochtones coté brésil et cote français.
Chez Benki,  le processus de reconstruction identitaire des Ashaninka a commencé à partir du moment où leurs terres ont été identifiées et délimitées, ce qui leur a permis de construire un diagnostic des usages culturels et de raviver leur mémoire et leur identité. La force des traditions reflète la force de la filiation à un territoire et à une mémoire, c’est une force structurante….

La construction d’un diagnostic des usages culturels pour être reconnus
Face à la non reconnaissance par l’Etat Français des peuples autochtones de Guyane, au déni de leurs spécificité culturelles et le rouleau compresseur de la francisation, Benki a conseillé de faire un diagnostic approfondi des usages culturels de chaque peuple, et de se servir de cette base pour faire valoir la culture des peuples premier. Démontrer la richesse culturelle du patrimoine amérindien autochtone et le valoriser à large échelle sera un argument certain pour  la reconnaissance des peuples autochtones par l’État Français.

Il est important de noter que des démarches  existent en ce sens en Guyane.
Le projet «Réseaux des Centres des Savoirs Amazoniens et des Cultures Ancestrales », de la JAG (Jeunesse Autochtone de Guyane) est une mise en réseau de carbets de transmission dans les villages, afin « d’assurer l’accessibilité et la transmission des savoirs des Peuples Autochtone de Guyane, d’Amazonie et du monde pour collecter et mémoriser des savoirs de chaque culture ». Ces projets de carbets existent ou sont à l’état embryonnaire. Ils sont les graines plantées par les porteurs de projets autochtones, tous sont liés aux valeurs et à l’esprit soutenus par Benki, portés vers la récupération des savoirs et le renforcement de l’identité culturelle. Un autre projet est celui de Cartographie des sites sacrés qui pourrait servir de base à la rétrocession des terres.

Une des principales conclusions est que le projet doit venir de l’intérieur des communautés, soit d’une volonté qui part des autochtones. Un voyage d’échanges culturel a donc été évoqué, afin que les porteurs de projets en Guyane aillent visiter l’expérience Yorenka / Apiwtxa.  

Rencontre entièrement retranscrite ici

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