Rencontres en écopsychologie..

avec Mohammed Taleb, Philosophe algérien, enseignant en écopsychologie à l’École supérieure en éducation sociale de Lausanne
et Chomis T8AMINIK chef algonquin et homme médecine issu de la dernière génération amérindienne ayant vécu un mode de vie nomade en Amérique du Nord.
par le GANG (Groupe Action Néo Green)

 

A l’ère de l’Anthropocène et de l’impact inquiétant des activités humaines sur le devenir de la vie sur Terre, n’est-il pas nécessaire d’interroger les valeurs, les croyances et les paradigmes à partir desquelles la civilisation moderne s’est déployée?

Au fil du temps, la domination sur l’ensemble des sphères de l’existence d’une économie de prédation et d’exploitation, le progrès de la maîtrise technique des humains sur la Nature, l’essor d’une pensée étroitement rationaliste, et le développement d’une conception strictement utilitariste de la relation entre les sociétés et leur environnement, ont largement contribué à la détérioration de notre habitat naturel. Celui-ci n’est plus qu’un stock de ressources. Le seul lien envisagé est celui de la gestion.

Pour reprendre les mots du sociologue Max Weber, et l’humanité et la Terre sont emportées dans la tourmente du «désenchantement du monde», avec notamment sa dévalorisation de l’imaginaire et du sacré. Que faire? Comment surmonter la crise socio-écologique planétaire?

L’un des défis les plus importants est de comprendre que la seule prise en charge des «urgences écologiques» (agriculture, climat, biodiversité, pollution, etc.) est malheureusement insuffisante. On ne peut se contenter de traiter les effets. L’écologie et la solidarité internationale doivent s’ouvrir à la compréhension des causes. Cela suppose explorer le passé, décortiquer les mécanismes qui ont abouti au drame environnemental.

L’écopsychologie, une voie de connaissance relativement récente, située à la croisée des chemins entre écologie, psychologie, critique sociale, philosophie et spiritualité, entend justement contribuer à cette exploration. L’idée forte de ce nouveau paradigme est d’affirmer l’existence d’un continuum entre la vie intérieure et la Nature vivante, entre l’âme et notre Terre. L’écopsychologie propose un renouvellement de l’ensemble des relations qui se nouent entre l’humain et la Nature vivante, et la fondation d’une vision véritablement écologique…

Par delà le dualisme qui sépare l’humanité et son habitat naturel, les écopsychologues retrouvent en quelque sorte les intuitions des antiques sagesses selon lesquelles le monde possède une Âme. Cette Âme du monde n’est pas autre chose que la profondeur qualitative et la dimension spirituelle de notre réalité. Elle est présente dans toutes les cultures de l’humanité, entre Orient et Occident, entre Nord et Sud.

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